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Loppsi 2 fait peser des risques d'atteinte à la vie privée

Avril 2010

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Le fait : Adopté en 1ère lecture par l'Assemblée nationale, le projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite «Loppsi 2», est sujet à controverse sur le volet « cybercriminalité ».

Les dispositions de notre Code pénal permettent de sanctionner la plupart des infractions facilitées ou liées à l'utilisation des technologies. Mais, faute de texte, l'usurpation d'identité numérique échappe à la sanction ! La Loppsi II prévoit désormais que l'utilisation de l'identité ou de toute donnée permettant d'identifier une personne « en vue de troubler (sa) tranquillité », ou de « porter atteinte à son honneur ou à sa considération » expose à une peine d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Cette formulation soulève cependant certaines interrogations. Par exemple, en « taguant » une photo peu avantageuse de son « ami » sur Facebook, un plaisantin serait-il passible d'une telle sanction ?

Pour l'essentiel, le projet de loi prévoit le renforcement des moyens d'investigation des autorités chargées d'enquête. L'identification des auteurs d'infractions devrait ainsi être facilitée par le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) dans lequel seront systématiquement enregistrées les empreintes relevées lors d'une enquête. De même, il sera possible de recourir à « un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d'accéder, en tous lieux, à des données informatiques (...)». En d'autres termes, le texte autorise l'utilisation de «  logiciels espions » pour effectuer des investigations à distance.

Or, si l'on peut admettre que la lutte contre la cybercriminalité justifie l'utilisation des technologies et un bon niveau d'expertise, on peut s'inquiéter du caractère intrusif de certaines des mesures préconisées, voire des risques d'atteintes à la vie privée.

Dématérialisation de la procédure pénale

De la même manière, les technologies vont sans doute modifier de manière importante  les  pratiques et habitudes en matière pénale. Les conséquences sont à l'heure actuelle difficilement prévisibles mais les avocats doivent rester vigilants sur ces questions afin que les économies réalisées ne le soient pas au détriment des droits de la défense.

Ce qu'il faut retenir :

Loppsi II permet une utilisation plus poussée des nouvelles technologies pour lutter contre toutes les formes de délinquance.  Mais, en l'état, certains articles du projet prêtent à interrogation en raison de leur imprécision. D'autre part, la dématérialisation de la procédure pénale exige la plus grande vigilance afin de préserver les droits de la défense.