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Quid des données personnelles saisies lors des
opérations de contrôle ?
Le fait : Les administrations disposent de pouvoirs
importants en matière de saisie de données informatiques. Le premier Président
de la Cour d'appel de Versailles a récemment exclu l'application de la loi Informatique
et Libertés à ces opérations de saisie.
De nombreuses
autorités publiques s'intéressent de près aux données informatiques. Pour
l'exercice de leurs missions, les agents de ces administrations - le fisc, les
douanes... - ou de ces autorité administratives indépendantes - Autorité de la
concurrence, AMF, Cnil... - peuvent procéder à des « visites ». C'est-à-dire des
perquisitions, dans les locaux des entreprises. Ils peuvent alors saisir des
informations telles que des documents comptables, fiscaux, professionnels ou
les courriels des salariés.
A la suite de la
condamnation prononcée en 2008 par la Cour européenne des droits de l'homme, la
France a institué certaines garanties procédurales telles que l'obligation,
pour l'administration, d'obtenir une autorisation préalable d'un juge des
libertés et de la détention (JLD) ou l'obligation d'informer le chef
d'entreprise de la possibilité de se faire assister d'un conseil pendant le
déroulement des opérations.
Des courriels privés saisis sans lien avec
l'investigation
Néanmoins, les
pratiques mises en œuvre par les agents de ces administrations suscitent
certaines interrogations notamment en raison de la pratique consistant à copier
la totalité des courriels des messageries électroniques de salariés de la
société visitée. Cette collecte indifférenciée a pour conséquence que sont
saisis, d'une part, des courriels sans lien aucun avec l'objet des
investigations et, d'autre part, des données à caractère personnel qui peuvent
être relatives à la vie privée du salarié.
Récemment, dans une
ordonnance en date du 19 février 2010, le premier Président de la Cour d'Appel
de Versailles a néanmoins expressément écarté l'application de la loi Informatique
et Libertés aux opérations de saisie de l'Autorité de la concurrence où le
contenu de certaines messageries d'employés avait été intégralement saisi.
Pourtant, la soumission de ces traitements à cette loi aurait permis que les
pouvoirs d'investigation de ces autorités soient limités par les principes de
proportionnalité, d'adéquation et de pertinence des données collectées. Cela
aurait également mis à la charge de ces autorités une obligation positive de « prendre toutes les précautions utiles pour
préserver la sécurité des données ». Un pourvoi devant la Cour de cassation
a été formé à l'encontre de cette décision.
Ce qu'il faut
retenir :
De nombreuses autorités publiques s'intéressent de près aux
données informatiques. Même si les garanties procédurales existent, les
pratiques mises en œuvre par ces autorités suscitent encore de nombreuses
interrogations juridiques sur l'efficacité de ces garanties. |