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Le fait : La Cour de justice de l'Union européenne, saisie par la Cour de
cassation, se prononce pour la première fois sur la conformité du système
Adwords de Google au droit des marques.
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) était saisie par la Cour
de cassation française pour l'éclairer sur l'interprétation de deux directives
européennes relatives à la protection des marques et au commerce électronique.
Cette saisie faisait suite aux plaintes de titulaires de marques sur la
légalité de l'emploi, en tant que mots clés dans le cadre d'un service de
référencement sur Internet, de signes correspondant à des marques, sans que les
titulaires de celles-ci n'aient donné leur consentement. Le groupe LVMH faisant
notamment partie des plaignants pour sa marque Vuitton. En d'autres termes, il
s'agissait de savoir si un annonceur pouvait acheter un mot-clé correspondant à
la marque d'un concurrent et quelle était la responsabilité éventuelle du
moteur de recherche.
Concernant la responsabilité de l'annonceur, la Cour juge qu'il peut
être condamné sur le fondement de la contrefaçon quand le texte du lien
commercial ne permet pas, ou permet difficilement à l'internaute de savoir si
les produits ou les services visés par l'annonceur proviennent du titulaire de
la marque ou d'un tiers. En revanche, la Cour considère que le moteur de
recherche, simple prestataire d'un service de référencement sur internet, se
contente de stocker des mots clés - éventuellement identique à une marque - et
d'organiser l'affichage d'annonces. Ce faisant, la Cour estime qu'il ne fait
pas un « usage » de ce signe et qu'à ce titre, il ne peut voir sa
responsabilité engagée à titre de contrefacteur.
Le rôle de
Google est-il neutre et purement technique ?
Enfin, concernant l'argument de Google développé devant les juridictions
françaises, au terme duquel son service Adwords consisterait en une simple
prestation de stockage d'informations lui permettant de bénéficier du régime de
responsabilité dérogatoire des hébergeurs, la Cour européenne ne se prononce
pas et renvoie l'affaire devant la Cour de cassation. Il appartiendra à la
juridiction nationale de déterminer si le rôle exercé par le moteur de
recherche est neutre et purement technique, sa responsabilité ne pouvant alors
être recherchée avant qu'il n'ait été informé du comportement illicite d'un
annonceur.
Ce qu'il faut retenir :
Pour la CJUE, les annonceurs
qui utilisent des marques en tant que mots-clés peuvent être contrefacteurs
dans l'hypothèse où existe un risque de confusion. En revanche, elle considère
que Google, en sa qualité de prestataire ayant permis le référencement de mots
clés correspondant à des marques n'a pas enfreint les lois sur la protection
des marques. La question de savoir si les moteurs de recherche peuvent
bénéficier du régime dérogatoire de responsabilité des hébergeurs - exonération
de responsabilité sauf notification d'un contenu illicite- reste néanmoins
ouverte.
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