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Le fait : Le législateur multiplie les initiatives
pour faciliter le recours à des dispositifs de vidéosurveillance par les
personnes privées ou les entreprises. A la suite de premiers aménagements en
2009, un projet de loi est actuellement en discussion au Parlement.
La
vidéosurveillance fait l'objet d'un régime juridique complexe. Coexistent un
régime d'autorisation préfectorale pour installer des caméras sur la voie ou
dans des lieux publics et un régime de déclaration à la Cnil des dispositifs
internes aux entreprises. Ces deux régimes peuvent se cumuler lorsque le lieu
surveillé est dans une entreprise mais ouvert à la circulation de visiteurs.
Des formalités récemment simplifiées
En 2009, un décret
puis une circulaire sont venus faciliter les formalités déclaratoires en cas de
recours aux dispositifs de vidéosurveillance dans des lieux publics. Le rapport
qui devait accompagner les demandes d'autorisation préfectorale a été réduit à
«un exposé succinct des finalités du
projet et des techniques » lorsque la demande porte sur l'installation
d'un système de moins de huit caméras.
En février 2010, le
législateur a souhaité permettre à des personnes privées ou à des entreprises
d'adresser aux services de police ou de gendarmerie les images filmées par
leurs dispositifs de vidéosurveillance placés dans les parties communes des
immeubles. Jugée trop imprécise et insuffisamment protectrice de la vie privée,
cette disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel.
Les modifications à attendre de la Loppsi 2
En discussion
devant le Parlement, le projet de loi d'orientation et de programmation pour la
performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2) prévoit la possibilité pour
toute personne morale de mettre en œuvre des caméras directement sur la voie
publique dès lors que les bâtiments se situent dans « des lieux [...] particulièrement exposés à des risques d'agression ou de
vol ». Cette faculté est à l'heure actuelle réservée aux seuls lieux
susceptibles d'être exposés à des actes de terrorisme. Une entreprise
souhaitant installer un tel dispositif devra, préalablement au dépôt de sa
demande d'autorisation à la préfecture, en avertir le maire de la commune.
Le projet de loi
crée également la Commission nationale de la vidéoprotection qui exercera une
mission générale de contrôle de fonctionnement des dispositifs autorisés par
les préfectures. Elle pourra proposer la suspension ou suppression des
dispositifs non conformes.
Ce qu'il faut
retenir
Le projet de loi Loppsi 2 prévoit de placer le recours à la
vidéosurveillance sous le contrôle d'une Autorité Administrative Indépendante ad hoc, la Commission nationale de la vidéoprotection. Il
en profite pour rebaptiser la « vidéosurveillance » en
« vidéoprotection ». |