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Le fait : L'application de la procédure américaine de
Discovery aux entreprises françaises préoccupe la CNIL en raison des risques de
communication massive et non sélective de données personnelles, et cela, en
violation de la législation protectrice en la matière.
La procédure
américaine de discovery permet à une partie, dans un procès civil ou
commercial, de demander à la partie adverse de lui transmettre tous les
éléments d'information relatifs au litige en sa possession, quand bien même
ceux-ci lui seraient défavorables. Cette procédure s'applique également aux
documents sous forme électronique tels que les courriels, les fichiers présents
sur les systèmes de l'entreprise, etc.
Les mesures organisationnelles à mettre en œuvre
Pour être en mesure
de communiquer toutes ces données, certaines entreprises mettent en place un
système d'archivage automatique qui copie l'intégralité des documents et
communications électroniques conservés sur le réseau informatique de
l'entreprise puis les archivent pour une durée indéterminée sur des serveurs en
vue de litiges potentiels.
Les sociétés françaises de plus en plus concernées
En France, de plus
en plus d'entreprises, filiales de sociétés américaines ou sociétés mères de
sociétés américaines, sont confrontées aux procédures de discovery, dont
l'exécution en France est susceptible de constituer une atteinte à la vie
privée, au secret des correspondances ou à la loi Informatique
et Libertés. Pour autant, il est délicat pour la société française membre d'un
groupe de refuser de telles demandes puisque la société américaine encourt une
condamnation si elle n'obtempère pas.
Les recommandations de la CNIL
La CNIL, constatant
que les demandes de discovery étaient de plus en plus nombreuses, a constitué
un groupe de travail en 2007 et a émis une recommandation en juillet 2009 qui
rappelle que la procédure doit être mise en œuvre dans le cadre la convention
de La Haye du 18 mars 1970 sur l'obtention des preuves à l'étranger et doit
être conciliée avec les règles protectrices des données personnelles. Elle
rappelle les précautions qui doivent pour cela être prises par les responsables
des traitements. Parmi elles, la limitation des éléments transmis aux seuls
documents ayant un lien direct et précis avec l'objet du litige. La
communication d'information dans le cadre d'une procédure de discovery doit
également respecter les dispositions relatives au secret professionnel ou au
secret économique et industriel.
Ce qu'il faut retenir :
La CNIL a rendu publique une recommandation permettant à une
société confrontée à une demande de discovery de se conformer à la fois à cette
demande et aux exigences légales applicables notamment en matière de protection
des données à caractère personnel. |