Pour consulter l'article en pdf.
01 Business & Techno - 22 mars 2012
Le fait : La
Cnil a publié un premier bilan de l'action des correspondants informatique et
libertés (CIL), telle qu'elle a pu la constater lors de contrôles opérés en
2010 et 2011.
Introduit
en France en 2004 et réglementé notamment
par un décret de 2005, le correspondant informatique et libertés (CIL) veille au
respect, par le responsable de traitement, des obligations prévues par la loi
du 6 janvier 1978. Nommer un CIL permet d'être dispensé auprès de la Cnil des formalités
relatives au traitement des données personnelles les plus courantes et les
moins sensibles (déclarations de conformité et déclarations normales).
Les correspondants
« paravents »
Toutefois,
la Cnil a perçu le risque que les responsables de traitement procèdent à la
nomination du CIL uniquement pour bénéficier de ces dispenses et sans que ne
soient menées toutes les autres missions affectées au CIL. C'est ce qu'elle
appelle les CIL « paravents ». La Commission a donc décidé d'opérer
un certain nombre de contrôles au sein d'établissements dotés d'un CIL afin de
vérifier les conditions d'exercice de leur mission. Alors qu'en France, l'idée
de rendre obligatoire la désignation d'un CIL pour les grandes sociétés a déjà fait
l'objet de proposition de loi - jamais menée encore au bout du processus législatif
- ce bilan était attendu.
La
Cnil rappelle que le CIL doit être un vecteur, en interne, de diffusion des
règles relatives à la protection des données personnelles, grâce à ses actions
de sensibilisation ou ses audits de conformité. Il doit former le personnel en
même temps qu'il s'assure d'un scrupuleux respect des dispositions de la loi
informatique et libertés. Il doit, pour ce faire, bénéficier d'une véritable
indépendance à l'égard du responsable de traitement afin de l'alerter et, par
exemple, de lui rappeler que certaines données collectées ne sont pas
pertinentes et doivent impérativement être effacées.
Une approche efficace et
pragmatique
La
Cnil dresse un bilan positif du CIL mutualisé au sein d'un groupe de sociétés.
Une mutualisation rendue possible par des «
outils permettant de centraliser et de diffuser largement la loi informatique
et libertés ». C'est donc une approche pragmatique de rationalisation des
procédures que semble encourager la Commission. Cette dernière rappelle néanmoins
que l'efficacité d'un CIL reste toujours « étroitement
liée aux moyens et ressources qui lui sont affectés par les responsable de
traitement ainsi qu'à son propre investissement dans les missions dévolues à sa
fonction ».
Ce qu'il faut retenir
: Si le CIL permet souvent d'améliorer les pratiques en matière de collecte et
de traitement des données personnelles, la Cnil restera néanmoins toujours
vigilante sur l'effectivité de leur mission.
|