Pour consulter l'article en pdf.
01 Business & Techno - 29 mars 2012
Le fait : La
loi du 20 décembre 2011 est venue restreindre le champ d'application de la
rémunération pour copie privée, en excluant notamment de son périmètre les
professionnels
Par
exception au droit d'auteur, les particuliers disposent du droit de copier des
œuvres pour leur usage strictement privé, à l'exclusion de toute utilisation
collective. En contrepartie de ce droit, a été mise en place une compensation
financière au profit des ayants-droit, perçue sur le prix d'acquisition des
supports de stockage : DVD RW, clés USB, disques durs externes, etc.
Exonération dans le Code de la
propriété intellectuelle
A
la suite d'une décision de la Cour de justice de l'Union européenne, le Conseil
d'Etat a annulé une décision de la Commission copie privée, la commission en
charge de déterminer les types de supports entrant dans le champ de la
rémunération, le montant et les modalités de versement.
Le
Conseil d'Etat contestait notamment l'inclusion, dans le périmètre de la
rémunération, de supports d'enregistrement acquis par des entreprises alors
même qu'ils n'avaient pas pour objet la copie « privée » puisqu'ils étaient
destinés à un usage professionnel. La loi du 20 décembre 2011 tire les
conséquences de cette jurisprudence en ajoutant à l'article L311-8 du Code de
la propriété intellectuelle que « la
rémunération pour copie privée n'est pas due (...) pour les supports
d'enregistrement acquis notamment à des fins professionnelles dont les
conditions d'utilisation ne permettent pas de présumer un usage à des fins de
copie privée ».
Mais une exonération encadrée
Le
bénéfice de cette exonération n'est toutefois pas automatique. Les entreprises
achetant de façon très régulière une quantité importante de supports
d'enregistrement peuvent demander à passer une convention avec Copie France,
société de gestion collective. Cette convention leur permet de ne pas
s'acquitter de la redevance à l'achat, le distributeur devant alors la déduire
du prix final. A ce jour, plus de 1 500 sociétés ont accompli cette
démarche.
Les
professionnels non signataires d'une telle convention devront en revanche
s'acquitter de la redevance, tout en conservant la possibilité d'adresser un
dossier de remboursement à Copie France. Outre la complexité de ce nouveau
mécanisme, sa pérennité est d'ores et déjà mise en doute puisque l'opportunité
de réformer à nouveau le régime de la copie privée afin d'y assujettir le cloud
computing est mise en avant.
Ce qu'il faut retenir
: Cette nouvelle refonte du régime de la copie privée atteste de la difficile
adaptation d'un mécanisme créé avant l'apparition du numérique.
|