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Peut-on protéger les fonctionnalités d'un logiciel ?

2012

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01 Business & Techno - 7 juin 2012

 

Le fait : La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) s'est prononcée sur l'applicabilité du droit d'auteur aux fonctionnalités des logiciels ainsi que sur la faculté pour un licencié d'étudier le fonctionnement d'un logiciel.

Saisie  d'une question préjudicielle posée par une juridiction anglaise, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a notamment précisé la portée du droit d'auteur appliqué aux fonctionnalités des logiciels. La CJUE s'est prononcée à propos  d'un litige opposant SAS Institute, éditeur d'un logiciel de traitement et d'analyse de données dénommée « Système SAS », et la société World Programming Limited (WPL). Cette dernière édite une solution concurrente compatible avec les scripts créés dans le langage propriétaire de SAS.

Les mêmes fonctionnalités qu'un logiciel concurrent

Considérant que World Programming a reproduit les composants du Système SAS et a utilisé ce logiciel en violation de sa licence d'utilisation, SAS Institute l'a assignée en contrefaçon de ses droits d'auteur sur ses programmes d'ordinateur et sur leur documentation. Interprétant les dispositions de la directive européenne 91/250/CEE du 14 mai 1991 concernant la protection juridique des programmes d'ordinateur, la CJUE rappelle que ni la fonctionnalité d'une programme d'ordinateur ni le langage de programmation et le format de fichiers de données utilisés dans le cadre d'un programme pour exploiter certaines de ses fonctions ne constituent une forme d'expression de ce programme. Ces éléments ne sont donc pas, à ce titre, protégés par le droit d'auteur sur les programmes d'ordinateur au sens de la directive précitée.

Seul le code original peut faire l'objet d'une protection

La CJUE rappelle également que le titulaire d'une licence d'utilisation sur le programme peut, sans autorisation du titulaire du droit d'auteur, observer, étudier ou tester le fonctionnement de ce programme afin de déterminer les idées et principes qui sont à la base du programme. Ceci à condition d'effectuer des opérations permises par la licence et nécessaires à l'utilisation du programme, et sous réserve de ne pas porter atteinte aux droits d'auteur. Une telle atteinte pourrait consister en l'accès et en la reproduction du code source d'un programme d'ordinateur pour créer à l'aide de ce code un programme ayant un code source identique ou similaire. Enfin, la CJUE indique que la reproduction non autorisée de tout ou partie d'un manuel d'utilisation est susceptible de constituer une violation de droit d'auteur si ce manuel est protégeable au titre du droit d'auteur.

Ce qu'il faut retenir : Cet arrêt rendu le 2 mai 2012 rappelle le principe selon lequel les idées sont de libre parcours et que seul le code d'un logiciel peut faire l'objet d'une protection par le droit d'auteur, à condition d'être original.